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Chic ! Je me reconvertis !

Il ne se passe pas une semaine sans que j'ai un appel pour une enquête de terrain alors je vais recenser ici les éléments dont je vous parle à chaque fois :

Non, avoir eu un ou deux chiens dans sa vie ou aimer les animaux ne suffit pas à faire de vous un bon éducateur comportementaliste.

Une amie a pour dire que ce n'est pas parce qu'on a un vagin depuis toujours qu'on peut s'installer gynécologue... L'image vous parle peut-être d'avantage ?

Un éducateur ne s'occupe pas du chien : il s'occupe de la relation entre le chien et son maître. Il ne dresse pas le chien, il analyse les dysfonctionnements du système familial entier, tenant compte certes de l'éthologie du chien mais également de la psychologie humaine. Il est là pour expliciter les RAISONS d'un comportement et proposer des modifications du CONTEXTE qui permettront d'amener à constater un autre comportement.

Sa cible en quelque sorte, c'est l'humain et non le chien.

Donc non, avoir eu un chien ou plusieurs et avoir sû développer avec eux une belle relation ne fait pas de vous un bon éducateur canin.

On ne devient plus éducateur ou comportementaliste comme ça !

Et c'est tant mieux :)

Le métier est depuis Octobre 2017 assimilé à une activité ARTISANALE. A ce titre, la formation associée est en cours de réévaluation/réforme : il sera bientôt nécessaire d'être titulaire du Brevet Professionnel d'éducateur canin.

Pour l'instant, seul l'ACACED est nécessaire... Mais prévoyez bien le futur en prenant dès maintenant la bonne orientation.

Parce que l'offre de formation foisonne et c'est logique (cf. § suivant...) et se retrouver dans cette jungle n'est pas chose aisée alors ne vous laissez pas leurrer par le miroir aux alouettes et sachez réellement ce que vous allez chercher. 

On n'en vit toujours pas !

Les éducateurs canins en place ont tous 

- un conjoint salarié qui améne le beurre pour les épinards

- une activité annexe (boutique, pension, ... formation)

Et c'est bien là que les choses se compliquent : il n'y a pas UNE façon de devenir éducateur (même si dorénavant les choses risquent d'évoluer vers une professionnalisation) et vous n'aurez de toute façon jamais fini de vous former car les connaissances sont vraies à un instant 't' mais évoluent.

Alors c'est génial que les collègues partagent, proposent des formations etc. parce que ça permet d'aller plus loin.

Un contexte économique pas franchement favorable...

Outre le côté "non essentiel" qui a conduit à la fermeture de nos activités pendant de longs mois, l'éducation canine n'est pas une dépense prioritaire dans les ménages. 

Et avec la crise qui ne fait que commencer, le phénomène qu'on observe actuellement ne fera que s'amplifier à mon sens. Ce phénomène, quel est-il ? Il est d'avoir en face deux nous deux clientèles bien distinctes :

- l'une déjà convertie qui sait le bien fondé d'un accompagnement précoce et qui prendra conseil avant l'apparition de problèmes

- l'autre qui arrivera chez vous en détresse, dans l'urgence, avec des moyens humains/émotionnels et financiers limités...

L'une comme l'autre de ces clientèles voit progressivement son pouvoir d'achat diminuer.

Ne sous-estimez pas les frais annexes

Si vous faites du domicile, réfléchissez bien à votre taux horaire... Si vous avez un terrain et que vous proposez des activités de groupe, ce sera peut être plus facile (tant qu'on vous laissez exercer sans fermeture administrative) mais avoir un terrain est un investissement différent.

Dans tous les cas, si j'ai un conseil c'est : ne mettez pas tous vos oeufs dans le même panier et diversifiez votre offre.

Apprendre à gérer ses émotions

La situation se tendant, nous sommes de plus en plus confrontés à des situations de grande détresse émotionnelle et il faut que vous puissiez être en capacité de gérer vos propres émotions, sans vous laisser submerger par les contextes que vous allez forcément rencontrer.

Analysez bien la concurrence

Le marché des animaux de compagnie est ce qu'il est. Il ne va pas augmenter de manière phénoménale... L'offre en terme de services par contre, elle, explose... Mais si la taille du gâteau n'augmente pas alors que le nombre de convives, lui, augmente, je vous laisse déduire l'évolution de la part de chacun.

Un métier en mutation

Assis - couché - au pied - pas bouger !... 

Finalement, ça ce n'est que la partie émergée de l'iceberg et comme elle, ça ne représente qu'une infime partie de ce que les clients attendent de vous.

Non, aujourd'hui, ce que les clients demandent c'est pourquoi le chien ne se comporte pas comme ils le souhaiteraient... Et bien souvent, votre rôle est aussi de vous faire le porte parole des besoins du chien. Par exemple avec le développement du télétravail, il faudrait que le chien reste sagement des heures et des heures sans bruit sur son coussin... Mais par rapport aux besoins en activité du chien, qui représentent malgré tout plus de 5h / jour ? Comment trouver un compromis acceptable pour chacun ?

Avez-vous bien réfléchi à ce que veut dire être éducateur canin de nos jours ? Quelle image vous faites-vous vraiment de ce métier ?

Réfléchissez bien !

Je sais que le contexte socio économique nous pousse à réfléchir à une autre vie, à ce que nous avons envie de faire. J'ai bien vu les statistiques indiquant que plus d'un quart de la population française pense à une reconversion professionnelle. Mais mon propos est de vous alerter sur les idées peut être un peu enjolivées que vous avez du métier : en vous donnant une autre vision, je ne cherche pas à vous décourager, seulement à vous donner tous les éléments nécessaires pour mener à bien votre analyse et préparer au mieux votre projet !

Parce qu'au final, ce qui m'importe, c'est la qualité de l'accompagnement que nous tous pouvons offrir aux propriétaires d'animaux de compagnie afin de mieux intégrer nos compagnons à poils et à plumes dans nos vies.

Faire un métier passion est toujours l'idéal.. Faites en sorte que le rêve ne devienne pas cauchemar !

 

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